Mentions légales d’un site internet : le guide complet

Oui, les mentions légales sont obligatoires sur tout site internet édité en France : la loi pour la confiance dans l’économie numérique (LCEN, loi n° 2004-575 du 21 juin 2004) impose d’identifier l’éditeur du site, son hébergeur et son directeur de la publication. L’omission n’est pas un détail administratif : elle est punie d’un an d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende pour une personne physique, et de 375 000 € d’amende pour une société. Voici exactement quoi afficher selon votre statut.

⚡ En bref

  • Tout site accessible au public est concerné : site pro, boutique, blog, portfolio, site d’association — le régime est simplement allégé pour les particuliers.
  • Le trio minimal : identité de l’éditeur, coordonnées de l’hébergeur, directeur de la publication.
  • Mentions légales ≠ RGPD ≠ cookies : trois obligations distinctes, idéalement trois pages distinctes.
  • La page doit être facilement accessible : un lien visible dans le pied de page sur toutes les pages du site.

Les sanctions en 4 chiffres #

  • 75 000 € d’amende et 1 an d’emprisonnement : la peine maximale pour une personne physique en cas d’absence de mentions légales (LCEN, articles 6 et 19).
  • 375 000 € : l’amende maximale pour une personne morale.
  • 3 000 € : l’amende encourue en l’absence de conditions générales de vente lors d’une vente aux consommateurs — et 15 000 € en cas de refus de communiquer les CGV à un professionnel qui les demande.
  • 1 500 € : l’amende par manquement à l’information sur les données personnelles.

Ces montants sont ceux recensés par la fiche officielle de service-public.gouv.fr sur les mentions obligatoires des sites professionnels.

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Qui est concerné ? Pratiquement tout le monde #

La LCEN vise les « services de communication au public en ligne », c’est-à-dire tout site accessible au public : site vitrine d’entreprise, boutique en ligne, blog professionnel, portfolio de freelance, site d’association. Un particulier qui édite un blog non professionnel est aussi concerné, avec un régime allégé : il peut préserver son anonymat vis-à-vis du public à condition d’indiquer l’identité et les coordonnées de son hébergeur, qui détient alors ses données d’identification.

Ce qu’il faut afficher, statut par statut #

Profil de l’éditeur Mentions d’identification à publier Sanction maximale
Entrepreneur individuel / micro-entrepreneur Nom et prénom suivis de la mention « entrepreneur individuel » ou « EI », adresse, numéro d’immatriculation (RCS ou répertoire des métiers le cas échéant), numéro de TVA intracommunautaire, contact (e-mail et téléphone), directeur de la publication, hébergeur (nom, adresse, téléphone), autorité de tutelle si l’activité est réglementée. 1 an d’emprisonnement + 75 000 €
Société (SARL, SAS, etc.) Dénomination sociale, forme juridique, capital social, adresse du siège, numéro RCS et ville du greffe, TVA intracommunautaire, directeur de la publication, contact, hébergeur. 375 000 € (personne morale)
Particulier (blog non professionnel) Au minimum : nom, adresse et téléphone de l’hébergeur ; l’identité de l’éditeur peut rester connue du seul hébergeur. Régime pénal de la LCEN selon le statut

Deux ajouts fréquents selon l’activité : le médiateur de la consommation (obligatoire pour les e-commerçants vendant aux particuliers) et les références de l’autorisation d’exercice pour les professions réglementées (avocat, professionnel de santé, agent immobilier…).

⚖️ Le point juridique. L’obligation d’identification vient de l’article 6 de la LCEN, complété par l’article 19 pour les activités de commerce électronique. Le texte a été retouché à plusieurs reprises, notamment par la loi SREN du 21 mai 2024 sur la sécurisation de l’espace numérique — mais le principe reste inchangé depuis 2004 : quiconque publie un site doit pouvoir être identifié, directement ou via son hébergeur.

Mentions légales, RGPD, cookies : trois obligations, trois pages #

Beaucoup de sites entassent tout dans une page unique et illisible. La séparation propre :

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  • Mentions légales : qui édite le site, qui l’héberge, qui dirige la publication — plus la propriété intellectuelle et les limites de responsabilité.
  • Politique de confidentialité : quelles données personnelles sont collectées, pourquoi, combien de temps, et comment exercer ses droits RGPD (accès, rectification, effacement, opposition).
  • Gestion des cookies : quels traceurs, pour quelles finalités, avec quel recueil de consentement.

Dès qu’un formulaire de contact existe, vous collectez des données personnelles : la politique de confidentialité n’est donc pas réservée aux boutiques en ligne. C’est un point à prévoir dès la conception, comme le rappelle notre guide pour créer un site internet.

Rédiger une page conforme en 30 minutes #

Structurez la page en blocs, dans cet ordre :

  1. Éditeur du site : identité complète, statut, adresse, numéros officiels (SIRET/RCS, TVA), contact.
  2. Directeur de la publication : pour un petit site professionnel, c’est vous ; pour une société, généralement le dirigeant.
  3. Hébergement : nom de l’hébergeur, adresse complète, numéro de téléphone.
  4. Propriété intellectuelle : droits sur les textes, images et marques du site.
  5. Responsabilité : limites en cas de lien externe ou d’interruption du service.

Trois pièges à éviter : le lien caché (la page doit être accessible depuis le pied de page de toutes les pages, mobile compris), les informations périmées (ancienne adresse, SIRET obsolète — un contrôle trimestriel suffit), et le modèle copié-collé qui ne correspond pas à votre statut. Une page de mentions légales se met à jour à chaque changement d’adresse, de forme juridique, de capital ou d’hébergeur.

Ce qui se passe concrètement en cas de manquement #

Le scénario type n’est pas le contrôle surprise : c’est le litige qui dégénère. Un différend commercial, une plainte pour diffamation ou un signalement à la DGCCRF conduit à chercher l’identité de l’éditeur ; des mentions absentes, incomplètes ou mensongères s’ajoutent alors au dossier comme une infraction autonome. Au-delà du risque pénal, une page de mentions légales vide décrédibilise le site auprès des clients, des partenaires et des régies publicitaires, qui la vérifient avant de signer.

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Questions fréquentes sur les mentions légales #

Un blog personnel doit-il avoir des mentions légales ?

Oui, mais avec un régime allégé : un particulier qui édite un site non professionnel peut rester anonyme vis-à-vis du public, à condition d’indiquer le nom, l’adresse et le téléphone de son hébergeur. L’hébergeur, lui, détient l’identité de l’éditeur et la communique à la justice sur réquisition.

Que risque-t-on réellement sans mentions légales ?

La peine maximale prévue par la LCEN est de 1 an d’emprisonnement et 75 000 € d’amende pour une personne physique, et 375 000 € d’amende pour une personne morale. En pratique, le risque se matérialise surtout à l’occasion d’un litige ou d’un contrôle, où l’absence de mentions devient une infraction qui s’ajoute au dossier.

Quelle différence entre mentions légales et politique de confidentialité ?

Les mentions légales identifient l’éditeur, l’hébergeur et le directeur de la publication du site (obligation LCEN). La politique de confidentialité décrit le traitement des données personnelles des visiteurs (obligation RGPD) : données collectées, finalités, durées de conservation et droits des personnes. Ce sont deux documents distincts, à publier séparément.

À retenir #

  • Les mentions légales sont obligatoires sur tout site édité en France — régime allégé, mais réel, pour les particuliers.
  • Le socle : éditeur identifié, hébergeur, directeur de la publication, complété selon le statut (EI, RCS, TVA, capital social).
  • Sanctions maximales : 1 an + 75 000 € pour une personne physique, 375 000 € pour une société.
  • Mentions légales, politique de confidentialité et cookies sont trois obligations distinctes : trois pages, toutes accessibles depuis le pied de page.

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